Exposition Troubles jeux _ Salah Bouanani

Pour la dernière exposition de 2018, la photographie de Salah BOUANANI  s’installera chez WAM avec 2 séries évoquant le trouble à travers le tissu : l’une le trouble jeu amoureux, sensoriel, charnel, tentateur ; l’autre est un travail plastique autour de la matière.

Dans l’exposition Troubles jeux les visages sont absents mais les vêtements, les tissus et les éléments sont  parfois témoins, parfois acteurs. Les liquides, les éclats de lumière, la poussière et les plissés du textile sont traités de manière à véhiculer des faisceaux temporels rythmant le doute, oscillant de trouble à désir, d’innocence à tentation. Désir ou puissance retenue et équilibres fragiles se cachent et se révèlent dans les noirs, peuplent les gris et déchirent les blancs parfois violents.

Salah BOUANANI tend à  restituer ainsi  l’instabilité, l’impermanence du temps, l’ambivalence de l’interprétation des images sur un monde qui se révèle à lui…chaotique et trouble.

aff.-BOUANANI-WEB

Vernissage vend. 12 octobre

Si « le travail de l’artiste est de toujours sonder le mystère », Salah Bouanani fait sien cet aphorisme de Bacon et va même au-delà : son travail de photographe saisit et offre un reflet à la fois intime et universel de paysages d’essence autobiographique.

Capteur et cultivateur de mémoire, il travaille par séries. Un thème surgit et devient évidence. Le sujet est décliné et mûrit en une multiple possibilité de facettes, d’angles de vue. Un titre donne corps à l’ensemble et une histoire muette peut naître. (…)

Ne craignant pas de regarder la douleur pour en faire surgir la paix, Salah Bouanani met en image la vibration invisible des êtres et des éléments où l’hypersensibilité lunaire de l’artiste accroche et arrête l’œil, entre tendresse et tristesse. (…)

Mais ces extraits de réel, épurés de toute visée documentaire sont toujours donnés à voir dans une forte exigence esthétique. Car l’artiste, diplômé de l’International College of Photographic Arts et graphiste, inspiré par la grâce ciselée du Fine Arts Américain, traque le détail de chaque composant visuel, maîtrise au pixel près les valeurs de gris et de blancs et la densité des couleurs, sublime les contrastes de lumière et de matière. (…)

Ses photographies subjectives sont autant de propositions réussies de rendre l’invisible palpable : en nous montrant la vibration des choses et des êtres. (…)  A la fugacité, il adjoint la pesanteur. A la rage, la résilience. A l’anodin, il adjoint la vibration. Juste l’être-là contre l’oubli.

Extraits du texte Salah Bouanani _ Le chamane devant sa porte _ Blandine Dubois _ janv. 2018